Conférence « Sciences et Spiritualité en compagnie de Paul Sabatier et de Jean-Baptiste Senderens »

par François Couderc, 12 décembre 2018

Compte rendu succinct par J.-B. Hiriart-Urruty (membre du Conseil de l’AMOPA 31)

C’est à une conférence un peu particulière que nous étions conviés pour le dernier « mercredi de l’Amopa » de l’année 2018. Le sujet pouvait apparaître délicat, clivant peut-être… mais nous avions, pour en parler, un amopalien bien au fait de ces thèmes de sciences et spiritualité. Il s’est appuyé pour cela sur deux personnages : le grand scientifique Paul Sabatier qui a donné son nom à la principale université scientifique et médicale de Toulouse, et son collaborateur chimiste l’abbé Jean-Baptiste Senderens. En plus d’être chimistes tous les deux, ils ont en commun d’être des « régionaux » (Aude et Bigorre respectivement).

Le conférencier F. Couderc est professeur de chimie à l’université. Il a également publié sur l’histoire religieuse de la Bigorre et sur la vie de J.-B. Senderens. Voici un résumé de la conférence, par F. Couderc lui-même.

Sciences et Spiritualité, deux mots que les partisans d’Auguste Comte ont opposé à la fin du 19e siècle. En France à l’époque, les tenants de la spiritualité étaient les chrétiens développant une spiritualité d’essence divine. Parmi ceux-ci, les catholiques étaient embourbés d’une part dans les craintes à l'égard de l’évolution libérale des sociétés européennes, et d’autre part dans une découverte de l’application de la méthode historico-critique pour l’analyse des textes bibliques, qui semblait changer radicalement le message biblique. La réaction vive du magistère de l’Eglise semblait opposer Fides et Ratio, la foi et la raison, la spiritualité et les sciences. Pourtant il n’en était rien, l’affirmation des vérités évangéliques étaient bien en accord avec les découvertes scientifiques s’opposant ainsi au positivisme comtien.

Depuis ce 19e siècle qui a largement marqué la culture française, l’emprise du positivisme et les réactions vives de l’Eglise institutionnelle ont séparé dans la conscience collective sciences et spiritualité.

Pour réhabiliter la spiritualité, certains discernent l’existence d’une spiritualité laïque. D’autres prêchent pour l’existence de deux vérités « vraies » : la vérité de la foi (chrétienne ou autre) et la vérité scientifique. L’une et l’autre se complétant et permettant à l’Homme de s’épanouir malgré ses pauvretés et de pouvoir mieux s’accomplir dans des interactions sociales toujours plus altruistes. Le jésuite Henri de Lubac écrivait en évoquant ces deux vérités que leur but était de « les purifier l'une et l'autre en les différenciant ».

Une bonne chambrée assistait à cette conférence précédant les fêtes de fin d’année. Des échanges de bonne tenue avec les participants ont conclu cette séance. Comme modeste remerciement pour son exposé, le conférencier s’est vu offrir l’ouvrage en deux volumes « Rembrandt et la Bible ».




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