Sortie à Cahors

11 octobre 2015

Nous étions 27 pour cette sortie à Cahors. Et si certains n'ont pu nous accompagner, d'autres nous ont rejoints pour profiter de ce weekend en dehors du travail.

La tenue du 3ème salon du livre amopalien fut l'occasion de cette escapade en pays cadourque. Un petit tour au Salon, le temps de rencontres chaleureuses avec les auteurs, de faire quelques achats.

    

Cahors2A la sortie, certains se sont rendus sur le Pont Valentré situé à proximité. Ce pont, exemple remarquable d'architecture de défense médiévale, bâti sur 6 arcades, ponctué de 3 hautes tours, est depuis le XIVème. l'emblème de la ville. Il est classé au Patrimoine mondial de l'Unesco.  Au passage, ils ont salué un célèbre petit diable, qui, selon la légende, valut bien des ennuis à l'architecte obligé de lui vendre son âme pour achever l'édifice. Mais rassurez-vous, notre maître-maçon avait lui aussi plus d'un tour dans sa besace. Et voilà le diable, agrippé pour l'éternité à la pierre, au sommet de la deuxième tour, soumis aux vents du fleuve et aux regards narquois des Cadurciens.

 Sur l'autre rive, on entrevoit entre les arbres, l'emplacement d'une importante résurgence vouée dans les temps anciens au culte de la déesse des eaux et des sources :  Divona.

 Une agréable pause au restaurant « La Chartreuse » permit d'admirer en ce milieu de journée les jeux d'ombre et de lumière des hautes falaises calcaires plongeant vers le fleuve. Le temps aussi de goûter le vin de Cahors !  

   Nous repartîmes donc, forts d'énergies nouvelles, à la découverte de la Cité « préservée ». Mais en préalable, Claire Pardieu, notre guide tenait à nous rappeler que Cahors fut une cité romaine de premier plan. Et étonnement, la visite commença par une descente dans les sous-sols, à la découverte des vestiges d'un amphithéâtre susceptible de rassembler 6000 personnes ! DIVONA était dès le premier siècle av J-C, la capitale des Cadourques romanisés.

A la sortie, un célèbre citoyen de la ville, Gambetta, du haut de sa statue, pointait la direction à prendre. La nôtre fut de traverser la grande artère de la ville, le boulevard Gambetta, pour déambuler dans les vieilles rues étroites.

Claire eut plaisir à nous faire découvrir quelques éléments d'un patrimoine médiéval exceptionnel même si nous n'eûmes qu'une petite idée du millier de maisons actuellement répertoriées.

    Cahors3Cahors connut en effet entre les XII et XIV siècle "un âge d'or". Après les invasions barbares qui avaient ruiné la cité romaine, la ville se releva plus vigoureuse que jamais. C'est que l'arrière-pays bénéficiait de richesses très convoitées : d'abord le vin transporté jusqu'à la cour des tsars, mais aussi le lin, le chanvre, le bois et le safran, tous d'excellente qualité.  Le commerce prit une dimension internationale avec l'arrivée des banquiers lombards. Les marchands à leur tour devinrent riches, se transformèrent en banquiers et profitèrent de la qualité du drap produit dans la région pour commercer avec les Flandres ou l'Italie. De cette période reste dans les textes d'alors, un mot très péjoratif pour les désigner : "les Cahorsins" que les Cadurciens de bonne moralité, -cela va sans dire-  se sont dépêchés d'oublier. Nos marchands avaient une solide réputation en roueries !

    Mais l'afflux d'argent leur permit d'édifier de prestigieuses demeures. Il fallait bien montrer aux évêques tout puissants sa force. La pierre témoigne alors de leurs rivalités. Ainsi, si l'évêque fait bâtir sa cathédrale en 1331 et le Pont neuf, les marchands consuls décident de l'édification du Pont Valentré ou de nouvelles halles. Claire nous fait admirer une de leur imposante demeure conçue selon un plan bien connu avec large échoppe en rez-de-chaussée. Le premier étage, lieu d'habitation le plus prestigieux est doté de fenêtres à croisées richement ornementées.

 Nous rejoignons ensuite la "carrièra derecha", actuelle Rue nationale, axe essentiel de la ville médiévale entre le nord et le sud. Le mot "derechha" signifiant "en ligne directe" et non "droite " comme on a pu le constater. On s'arrête devant une porte  en noyer à l'abondante ornementation baroque. Tout près se trouvent "les bladeries" ou halles en bois, construites par les consuls et remaniées au cours des siècles

   Enfin la visite se poursuit par celle de la cathédrale romane Saint Etienne. Edifiée dès 1080 sur une ancienne église, elle est à l'heure actuelle l'un des plus vastes édifices français à coupoles et sans transept.

 On peut lire à travers son architecture l'évolution des goûts. Le caractère massif initial lui donne une allure de forteresse au service du pouvoir épiscopal. Mais avec le temps, le roman évolue vers un style dit "de la cour de France", en fait "le gothique" et devient un gothique flamboyant dans le cloître. A l'intérieur des peintures romanes relatent, tel un livre d'images, la genèse. A l'extérieur sur la façade nord un portail roman à voussures fortement décorées est surmonté d'un tympan illustrant le très classique thème de l'ascension (-Voir Saint Sernin à Toulouse)

    Enfin, Claire rappelle qu'en ce XIV siècle la riche famille Duèze  donna un pape : Jean XXII qui fit édifier son palais en Avignon et nous légua un vin : le fameux Château-neuf-du-pape. Il fonda aussi dans sa ville natale une université réputée et fit reconstruire la cathédrale.

En passant, un petit clin d'œil à Clément Marot dont le buste s'élève près de la cathédrale, comme un souvenir de nos études secondaires.

 Cette sortie fut donc très riche. Amitié, soleil, beauté des lieux, richesse des monuments, tout était réuni pour le plaisir de la promenade.

Dès 17 heures, nous avons laissé Cahors retourner à la douce quiétude du soir, loin des agitations commerçantes du temps passé.    


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