En marge de la sortie dans le Lot, organisée le 22 septembre 2007 par Louis GALTIER…

 Autour d’Uxellodunum, dernière bataille majeure de

Jules César en Gaule.

Nous venons de quitter la charmante cité de Martel. Nous voici à proximité de Vayrac, dans la Vallée de la Tourmente, face au célèbre oppidum du Puy d’Issolud dont la carte précise la structure; celui-ci a été définitivement reconnu en avril 2001 comme le site de la bataille d’Uxellodunum, livrée mi 51 av. J.-C. par César contre les Cadurques. Les seuls écrits d’époque relatant ce mémorable siège sont ceux d’Hirtius, dans le 8ème Livre des Commentaires du De Bello Gallico… rédigés 7 ans après !

Replongeons-nous quelques instants dans le passé. Nous sommes en 52 av. J.-C.. Jules César vient de triompher à Alésia ; il pense avoir mis un point final à la Guerre des Gaules et place ses Légions en quartiers d’hiver sur des positions de veille. C’est, en fait, ignorer la nouvelle stratégie des valeureux Gaulois qui, par petits groupes, vont multiplier les fronts pour disperser et affaiblir les Romains.

Ainsi, le Sénon Drappès, rejoint par le Cadurque Luctarios, décide d’envahir la Narbonnaise –la fameuse Provincia romanisée. Poursuivis par les Légions de Caninius, ils se réfugient sur l’oppidum gaulois du Puy d’Issolud. Mais Luctérios est mis en fuite et Drappès est trahi par des prisonniers : dès lors, sans chef, 5000 Gaulois vont faire front à 30.000 Romains, commandés par César en personne !

Le siège de cet oppidum de 80 hectares aux falaises calcaires s’organise. Contrevallation, vaste agger sur lequel est dressée une tour de 27 mètres : tout est mis en œuvre pour interdire aux Gaulois l’accès à la Fontaine de Loulié, seul point d’eau au bas de l’oppidum. Un gigantesque incendie détruit l’ouvrage qui n’était en fait qu’un leurre ! Dans le même temps, César a fait creuser des galeries dans le travertin (un vrai travail de Romain…), hors de la vue des Gaulois, pour détourner les eaux alimentant la source. Son assèchement brutal est perçu par les assiégés comme un signe divin d’abandon ; mi-septembre 51, les Gaulois se rendent et sont, pour l’exemple, cruellement châtiés : ils ont la vie sauve, main droite tranchée !

Le temps passe, enfouit les vestiges et obscurcit les mémoires. Les Commentaires d’Hirtius, trop vagues sur les lieux des combats, vont permettre d’alimenter durant près de deux siècles les controverses sur la localisation d’Uxellodunum ! Querelles linguistiques et étymologiques, patriotismes locaux ou chauvinisme nourrissent l’imagination : près de 20 sites disputent au Puy d’Issolud la paternité d’Uxellodunum dont Capdenac, Luzech, Cahors, Najac,…, Verdun (Meuse) !

On comprend bien, dès lors, que le feuilleton des contestations ait engendré, dès le 18ème siècle, de multiples campagnes de fouilles ou, parfois, de simples prises de position qu’il serait fastidieux de décrire ici. Puy d’Issolud (avec J.B. d’Anville), Capdenac(avec Champollion-Figeac, en 1819) ou Luzech-La Pistoule (avec Napoléon III en 1862) ? Grand admirateur de César, l’Empereur crée une Commission d’étude dont les conclusions sont rapidement contestées par Cessac qui découvre en 1865 à la Fontaine de Loulié de nombreux vestiges archéologiques : pointes de flèche, traits, roches calcinées, charbons de bois …et une galerie ; des traces de circonvallation et de camps romains poussent Napoléon III à se rallier finalement au choix du Puy d’Issolud. La chute de l’Empire relance le débat et les fouilles, notamment avec les campagnes de Cazes (1913-1920) et de Bruzy (1920-1941) ; une seconde galerie est identifiée mais Bruzy meurt avant d’avoir dressé l’inventaire du matériel récolté en 20 ans !

A partir de 1990, soutenu par la DRAC Midi-Pyrénées, J.P. Girault constitue un corps de spécialistes couvrant toutes les disciplines scientifiques, militaires, historiques et archéologiques. Il fait d’abord le bilan des objets déjà découverts et de la bibliographie : plus de 2000 références et plus de 1500 objets métalliques (dont 700 pointes de flèche, 75 fers de trait, 6 pointes de javelot, des clous de sandales romaines, etc… Les fouilles reprennent en 1997 sous sa conduite dans les zones vierges de travaux antérieurs. L’abondance exceptionnelle des découvertes et la plupart des simulations corroborent le récit d’Hirtius : Uxellodunum est bien situé au Puy d’Issolud, comme le démontrent notamment les résultats des récentes recherches toulousaines en paléométallurgie que j’eus le plaisir d’animer en collaboration avec mon Collègue et Ami Jean-Marie Pailler, Professeur au Mirail ; la thèse de Guillaume Renoux, soutenue fin 2006, sanctionna ces travaux.

(Evocation par Francis DABOSI)


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